What Lydia Made – Entrevue avec la femme derrière la marque inclusive de nos rêves

What Lydia Made – Entrevue avec la femme derrière la marque inclusive de nos rêves
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Je ne me souviens plus exactement depuis quand je suis What Lydia Made sur Instagram, mais je sais que je suis obsédée depuis ce jour-là. Basée à Glasgow, en Écosse, WLM est la petite entreprise de la jeune maman, artiste, designer et all-around cutie Lydia Morrow. Elle travaille avec les textiles depuis longtemps, en plus de faire de l'illustration et de la photo, mais c'est à travers sa grossesse et sa dépression post-partum qu'elle a donné naissance à une ligne de soutiens-gorges et de dessous fait à la main, sur mesure, destinés à être portés par les personnes de toutes les tailles et de tous les genres. Sans grande surprise, considérant que son visuel est absolument parfait, que sa philosophie est merveilleuse et que ses créations sont à se lancer par la fenêtre (je voudrais no joke me rouler dedans en pleurant jusqu'à ce que la Terre explose, rien que ça), son entreprise fait de plus en plus d'adeptes et est vite devenue trop prolifique pour être gérée une commande à la fois sur Instagram.


Elle lançait donc hier une campagne Kickstarter (dont l'objectif, très modeste, a été atteint en moins de 24 heures!) pour amasser les fonds nécessaires et amener sa boutique au prochain niveau; site web, e-commerce, production, gradation des patrons pour pouvoir servir une clientèle encore plus diverse, promotion, etc. Si What Lydia Made est présentement en pleine croissance, ce qu'on aime d'elle ne changera pas; les morceaux resteront faits à la main, sur mesure, par Lydia.

Question d'apprendre à la connaître un peu mieux et de bien comprendre ses objectifs et son processus, je me suis entretenue avec elle hier matin.

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Pourquoi avoir choisi de lancer ton produit dans une gamme aussi inclusive en terme de tailles, sachant que le coût initial était beaucoup plus élevé (ou du moins, c'est l'excuse que donnent plusieurs marques pour justifier leur décision d’offrir un produit qui ne convient même pas à la moitié de la population)?

J'ai toujours eu une poitrine très généreuse par rapport à ma taille, et plus je vieillis, plus mes seins grossissent. À ce point-ci, je suis obligée de me tourner vers des boutiques spéciales pour grosses poitrines et même dans celles-ci, je n'ai accès qu'à quelques-unes des marques! J'ai aussi grandi en voyant ma mère, une femme taille plus particulièrement curvy, vivre les mêmes problèmes, et parfois des pires, quand il était temps de trouver de jolis vêtements et sous-vêtements. J'ai toujours senti que ma marque ne serait au point que lorsque j'offrirais des tailles qui font à ma maman! De plus, le fait d'avoir une entreprise de slow fashion et de faire mes morceaux sur mesure signifie que je peux tenir des centaines de tailles en rotation à tout moment, avec comme seul coût initial celui de la gradation des patrons. Ne pas avoir à gérer de fabrication à l'externe ou d'inventaire m'évite de devoir m'en faire avec les coûts supplémentaires, mais honnêtement, je ne lancerais JAMAIS officiellement une entreprise qui n'est pas encore size-inclusive. Pour moi, si tu n'es pas en mesure d'inclure tout le monde, tu n'es pas prêt à démarrer! Je sais que c'est plus facile à dire qu'à faire, mais je souhaiterais que davantage d'entreprises concentrent réellement leurs efforts à trouver des solutions à ce problème.


Dans ton parcours artistique, où et comment l'art visuel et la mode se sont-ils rencontrés?

Honnêtement, je crois que le monde artistique tente de se tenir loin de l'artisanat et de la fonctionnalité, et c'est dans ma nature d'aller à contre-courant! J'adore coudre et tricoter depuis que je suis toute petite, et en progressant dans ma pratique artistique, j'ai réalisé que j'excluais ces manières de créer au profit de médiums plus « acceptables » comme la peinture. Essentiellement, je crois que l'art que l'on porte peut être l'une des formes d'art les plus puissantes, et c'est ce qui m'a menée vers le design; c'est pour moi une façon d'apprécier la fabrication de vêtements sans le fardeau émotionnel et mental qui vient avec la création artistique continue. C'est très difficile de résumer tout ce parcours en quelques phrases seulement – j'ai écrit une dissertation de 10 000 mots sur le sujet l'année dernière!


Prévois-tu charger le même prix pour tous tes morceaux, quelle que soit leur taille?

BIEN SÛR! Je n'arrive pas à croire que certaines entreprises croient que charger davantage est une façon acceptable de travailler! J'ai déterminé mes prix en faisant une moyenne des coûts des matériaux et des tissus pour les plus petits et les plus grands morceaux et en la répartissant à travers les tailles. Je n'ai jamais compris pourquoi ce n'est pas la façon de faire de tout le monde. Quand on démarre avec l'intention d'être inclusif, on peut prévoir ce genre de choses à l'avance au lieu de stresser pour gérer tout ça plus tard. 


De quelle façon ce projet a-t-il transformé ta façon de percevoir ton propre corps et les corps en général?

La visibilité est essentielle. S'habituer à la véritable apparence des corps qui sortent des standards de beauté traditionnels est incroyablement bénéfique pour l'estime de soi. Réaliser que les gens sont loin d'être tous pareils et m'habituer à me voir sans vêtements m'a beaucoup aidée à affronter mes problèmes d'image corporelle. Je suis très reconnaissante d'avoir démarré ce projet pendant que j'étais enceinte, car il a énormément contribué à me donner la force d'accepter tous les changements qui se sont opérés dans mon corps depuis que j'ai eu un bébé. 


Maintenant que vous êtes follement amoureux de Lydia, cliquez ici pour lui donner un coup de main via Kickstarter, ici pour la suivre sur Instagram, ici pour la suivre sur Facebook et ici pour visiter son site web!

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Toutes les photos viennent du site web et de la page Kickstarter de WLM.