Noé A. LaroseComment

Collabo - Identités

Noé A. LaroseComment
Collabo - Identités
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Ça, ça parle de moi. De mes identités. C’est complexe, mais passionné, je vous jure.

Je pense que je suis cru.e, honnête, vulnérable, quand j’ai besoin de sortir quelque chose de mes tripes. Ça a besoin de sortir et je sais pas trop où le déverser, alors j’écris des statuts sur les réseaux sociaux. C’tun peu banal, mais des fois c’est juste ça que j’ai comme solution. Quand je suis pas capable de sortir de chez moi, je me déplace virtuellement. Peut-être que ça gosse les gens, mais moi ça me fait du bien.

Je suis une personne grosse, handicapé.e, neuroatypique, blanche, trans/non-binaire, queer, de 28 ans, féministe, avec un trouble de l'anxiété, un trouble de l’alimentation, j’utilise une canne pour marcher et aussi je suis gémeaux et infp, etc, etc. Tout ça, c’est relié ensemble, ça s’influence et s’entrecoupe.

L’an passé, une artiste que j’admire beaucoup, Ambivalently Yours, a vu tout ça, tout ce que j'écris, et ça l’a touchée. Elle m’a invité.e à participer à son podcast, et c’est ça que je viens partager avec vous. C’est une conversation d’environ 30 minutes, en anglais, sur la grossophobie, en lien aussi avec ma douleur chronique et mon expression de genre.

(FYI: Pour écouter l'épisode feat. Noé de l'excellent podcast d'Ambivalently Yours, c'est ici! Gab xx)

Je vous mets des extraits, traduits en français, ici:

«-Je pense que ça fait peur qu’on puisse penser qu’être gros.se c’est ne pas être en santé.

-Oui, parce que pour toi, ça t’a fait avoir honte d’une douleur qui n’était pas de ta faute en aucun point.»

«Je me sens mieux maintenant dans mon corps et j’ai jamais été aussi gros.se. Je me sens plus confortable dans mon corps que jamais parce que j’ai appris à envoyer chier les standards.»

« La représentation est tellement importante parce que j’ai commencé à voir des photos de femmes grosses qui portaient des robes magnifiques et j’ai réalisé que, wow...c’était beau, que je pouvais porter ce genre de vêtements, que je pouvais me permettre de me sentir joli.e moi aussi et que c’est pas parce que je suis gros.se que je n’allais jamais être joli.e. C’est pas que je porte beaucoup d’importance à la beauté en général, c’est juste que je ne m’étais jamais senti.e joli.e et je voulais vraiment me sentir comme ça à un moment donné dans ma vie. La beauté c’est quelque chose qui a tellement de valeur dans la société que c’est une des seules façon d’en faire partie. Je me sentais tellement loin de la société, et je voulais vraiment en faire partie et sentir que je pouvais être moi-même…en étant joli.e…c’est bizarre de dire ça, mais c’était la première étape.»

«Le double standard c’est qu’une personne mince peut porter et manger ce qu’elle veut et ça va être bien perçu, elle peut porter des joggings et ça va être un ''look'', elle va être considérée originale et non conventionnelle. Une fille mince qui mange une pizza dans une photo va être bien vue mais si je fais la même chose, je vais avoir des personnes qui ''s’inquiètent'' pour ma santé dans les commentaires et d'autres qui me disent que je devrais mourir et que je ne mérite pas d’être aimé.e.»

«Je me demande seulement ce que ma vie serait si je n’avais pas été élevé.e dans un environnement de régimes.»

«J’utilise une canne pour marcher, ça fait un peu plus d'un an. Au début j’étais vraiment content.e parce que ça m’aidait énormément pour la douleur, c’était incroyable, mais à un moment donné j’ai commencé à m’inquiéter parce que j’avais peur que les gens pensent que j’utilise une canne parce que je suis une personne grosse.»

«J’aime vraiment dire que je suis gros.se parce que ça me fait me sentir en pouvoir, en contrôle et j’aime m’assurer que les gens comprennent que c’est juste un mot.»

Noé sur IG: @noe.a.l

Et pour voir ce que fait Noé, sous le nom d'artiste Fat Kitty Rising, c'est par là:

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Illustration par Ambivalently Yours