7 choses que je nous souhaite en 2019

7 choses que je nous souhaite en 2019
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Vous serez sans doute pas surpris d’apprendre que je suis pas tellement du genre résolutions du Nouvel An, mais même si on est trop cynique ou paresseux pour se laisser emporter par la folie du NEW YEAR NEW ME, c’est dur de résister à la tentation de faire un peu le point sur ce qu’on laisse derrière et ce qu’il y a devant. Ces derniers temps, je vous écris pas beaucoup, je suis pas mal occupée avec d’autres affaires de job et de vie (au passage, mon premier roman sera en librairie au printemps, more on that later 😊), mais je continue de me tenir au courant de ce qui se passe sur la scène fat positive, de partager avec vous tout ce que je trouve pertinent et de me questionner pour continuer de cheminer. Voici donc les choses auxquelles je réfléchis le plus, dernièrement, et que je nous souhaite à toutes et tous pour la nouvelle année et toutes les suivantes.

Merci encore d’être, chaque jour, aussi inspirant.es, fort.es, belles et beaux. Vous êtes incroyables et je vous aime full. Bonne année! <3

 

Arrêter de se comparer.

Il y a de plus en plus de voix qui s’élèvent pour parler de body positivity et de fat acceptance, et c’est une bonne chose, évidemment. Mais pour moi, ça signifie aussi plus de gens à qui me comparer. Quand je regarde mon Instagram, je vois mille exemples de femmes ultra inspirantes et cool qui font tellement plus que moi, portent les meilleurs outfits, partent en vacances, écrivent souvent, posent en maillot et produisent plein de contenu génial. Je les adore, la vaste majorité du temps, mais les journées où je vais moins bien, elles me font aussi sentir inutile, inadéquate et pichou. Pourtant, je fais ma part et rien de ceci n’est une obligation, mais quand même. Tout le monde se compare tout le temps, et on a tous la fâcheuse habitude de le faire à des gens qui réussissent mieux pour se morfondre. C’est cave. Je nous souhaite donc une 2019 où on se compare moins, voire pas, sauf aux anciennes versions de nous-mêmes qu’on a laissées derrière en évoluant constamment. C’est la seule comparaison qui tienne.

 

Avoir plus de compassion envers soi-même.

Parlant des anciennes versions de soi-même, je sais que j’ai besoin, pour ma part, d’être un peu plus patiente envers elles. J’ai de la misère à relire mes vieilles affaires, à me pardonner mes conneries du passé et à assumer les propos que j’ai tenus jadis. Pourtant, on est tous des produits du même monde obsédé par la minceur, pis on n'aurait pas pu devenir qui on est aujourd'hui sans avoir fait le chemin nécessaire. Reste qu’en cette époque où tout ce qu’on a dit risque de revenir nous mordre dans le cul à tout instant, il faut se préparer à s’excuser pour nos former selves problématiques pis des fois, j'ai de la difficulté à de pas me juger. Mais comme moi d’aujourd’hui, moi d’avant faisait de son mieux. So je me souhaite d’être un peu plus patiente envers moi-même, de continuer à ne jamais avoir honte de changer d’idée pis de faire preuve de davantage de compassion pour les personnes qui sont pas rendues aussi loin que moi dans leur cheminement, pour peu qu’elles aient de bonnes intentions et un esprit sincèrement ouvert.

Faire du ménage dans son internalized bias.

Même si je passe le clair de mon temps à essayer de dénoncer et déconstruire les notions toxiques et fausses sur les grosses personnes qu’on entend partout à longueur de journée, j’en entretiens encore à l’endroit de mon propre corps. Et je sais que je ne suis pas la seule. Je peux défendre les autres sans jamais fléchir, mais je ressens encore parfois de la honte par rapport à mes propres choix, ma santé, et d’autres trucs sur lesquels j’ai pourtant pas tant de contrôle, mais que la petite voix grossophobe dans ma tête continue de cibler pour me faire douter. Je sais que pour moi, comme pour vous, le travail sera jamais fini. Le monde dont on rêve, où on pourra être soi-même et faire des choix de vie qui ont du sens pour des raisons qui n’ont rien à voir avec des considérations esthétiques, il n’existera jamais. Pas de notre vivant, anyway. On sera toujours hors-norme, on devra toujours se défendre et se justifier pis on sera jamais complètement libre des préjugés qu’on a internalisés depuis l’enfance. C’est rough de constater ça. Mais quand je pense au chemin que j’ai fait depuis quelques années, j’ai crissement hâte de voir où j’en serai dans 5 ans. Rien que ça, c’est assez pour me convaincre de continuer de combattre ma crap interne pour être de plus en plus libre et solide.

 

Cesser de se sentir toujours coupable.

Je fais de mon mieux. Des fois, j’ai le droit de rien faire, aussi. Pareil pour vous. High five à un 2019 libre de guilt trip.

 

Continuer de chialer.

Les gens aiment vraiment pas ça quand les madames chialent, et encore moins quand elles sont grosses et qu’elles revendiquent des choses au lieu de s’excuser d’exister et de tout faire pour rapetisser. Et je vous mentirai pas; déranger le monde cave, c’est un peu mon kink. Je me souhaite donc de me taire le moins possible en 2019, même si je vous avoue que des fois, je commence à trouver ça lourd de répéter chaque jour la même crisse d’affaire à une nouvelle batch d’épais. Heureusement, les mentalités changent réellement, et on le constate partout. On lâche pas!

 

Écouter davantage.

Sans grande surprise, les femmes blanches de taille pas-si-fat-que-ça sont encore en vedette dans le mouvement body posi. Mais notre perspective n’est pas la seule, notre quotidien n’est pas le plus difficile et nos voix ne sont pas les seules qui comptent. Vivement une année passée à écouter plus, mieux et avec un esprit plus ouvert les histoires et les opinions des personnes qui sont plus affectées par la grossophobie. Oui, des fois, je me sens visée et prise en défaut - et c’est parce que je le suis. Pour devenir une meilleure personne, il faut accepter l’inconfort qui vient avec l’évolution. Sinon on avance jamais.  Je nous souhaite donc plus d’humilité et davantage d’écoute.

 

Penser à autre chose.

Ça peut paraître simple, mais cette année et les suivantes, j’ai envie de me forcer à décrocher. Ça devient épuisant de constamment entendre et lire les mêmes choses super violentes qui se disent à notre sujet. Le gras est encore pas mal l’ennemi numéro 1 de beaucoup de monde, et une industrie gigantesque survit sur notre grossophobie collective. Ça devient pesant, jour après jour, de vivre dans un corps qui est le pire cauchemar de l’un pis l’incarnation même de l’échec de la société pour l’autre. Par conséquent, j’ai souvent besoin d’accrocher mes gants pis de juste fermer mon cell. C’est difficile d’en laisser passer, surtout quand c’est quelque chose qui compte tellement pour nous, mais il faut apprendre à le faire si on veut pas se brûler. C’est donc dans un esprit d’autopréservation que je nous souhaite à toutes et tous, en 2019, de se donner un osti de break de temps en temps.

Bonne année à vous tous! Vous êtes incroyables, merci de me lire, de m’écrire, de m’encourager, de me faire confiance pis de travailler aussi fort à rendre la vie meilleure pour tout le monde. Vous êtes extraordinaires. <3

(Image de couverture: Botero)