Sur le quai
webgab.jpg

Je voulais introduire ce magnifique triptyque de photos (par Julie Artacho) avec un texte, mais je sais pas trop quoi dire dedans. On les a faites sur le quai d'un chalet dans les Laurentides au début du mois. J'avais jamais enlevé tous mes vêtements pour être prise en photo. C'est pas quelque chose que je prévoyais ever faire, d'ailleurs. Mais quand Julie m'a demandé si j'étais partante, j'ai dit oui. Il pleuvait, il faisait froid, c'était en plein jour. J'ai juste ôté tout mon linge, debout sur le bout du quai, et j'ai même pas eu peur. Ou anyway, pas trop.

Je sais que j'aurais jamais pu faire quelque chose du genre il y a six mois à peine. J'aurais certainement pas pu faire quelque chose du genre en compagnie de qui que ce soit d'autre. Parce qu'elle me connaît à mon plus agréable et mon plus rushant, qu'elle me supporte dans tous les sens du terme - que je sois en mode militante furieuse ou boule d'anxiété qui braille - et qu'on fait toutes les deux des efforts pour s'entraider avec patience pis compréhension, Julie est l'une des rares personnes avec qui je me sens 100% safe. C'est très précieux.

J'ai pas de grande perle de sagesse à partager sur le sujet; les photos sont juste vraiment belles et j'arrive à les regarder pour ce qu'elles sont sans que mon œil s'accroche sur les imperfections. C'est simple, mais pour une femme de ma taille, c'est pas rien. Je suis contente d'en être rendue là dans ma vie, et je me considère chanceuse. Il y a quelque chose de profondément libérateur dans le fait d'être complètement nue dans le vent, face à un lac, sous la lentille bienveillante d'une personne en qui on a confiance qui photographie notre fat ass en contre-plongée. Sentir la pluie sur sa peau, toute sa peau, est un feeling assez étrange après toute une vie à se cacher pour faire plaisir aux autres et pour s'en protéger. Je m'en souviendrai longtemps.

Si vous n'avez pas de fat friends, faites-vous en. Ça transforme toute la vie pour le mieux.

Bonus points si elles sont photographes ;)

(La photo est de Julie Artacho, duh. Cliquez ici (et ouvrez littéralement n'importe quel magazine) pour admirer son incroyable travail.