On parle grossophobie à Pour faire un monde - Extrait audio

On parle grossophobie à Pour faire un monde - Extrait audio
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En début de semaine, j'ai discuté de fatphobia avec l'ultrême Vanessa Destiné pour le segment radio que vous pouvez écouter (lien en bas du post, le reportage commence à 18 minutes). J'en profite pour revisiter son contenu avec vous. Hang in there, certains passages vont vous donner envie de crier, mais la majorité des informations sont assez accurate, Vanessa est merveilleuse et la nutritionniste qui intervient est géniale. GOD BLESS les nutritionnistes du futur. On en a grand besoin pour collectivement guérir notre rapport à la nourriture et au poids. (You know who you are <3) Et surtout, surtout, on en parle.

En gros (huhu), on assiste à une discussion classique concernant la grossophobie. Une personne qui sait what's up se heurte aux lols et aux réactions de surprise de gens qui n'ont jamais vraiment eu à penser à ça. Entre les bribes d'infos utiles et recherchées et malgré toute la bonne volonté du monde, les jupons de préjudice internalisé dépassent. Les mêmes gens qui sont surpris que les gros soient moins facilement engagés sont souvent, fondamentalement et sans y réflchir, convaincus qu'ils sont l'incarnation humaine de l'échec. Qu'ils coûtent cher. Au niveau 1 de la déprogrammation, genre. Encore trèèèès loin de réaliser que faire maigrir les gens est pas forcément la solution à tout ni quelque chose vers quoi on devrait tendre à tout prix. Qu'on doit repenser toute notre perception et prendre conscience qu'on opère présentement selon des principes profondément erronés et biaisés à la base. Qu'on a crissement de la job à faire.

J'oublie toujours à quel point certains partent de loin. J'ai hâte que le commun des mortels soit un peu plus informé, histoire qu'on puisse avoir ces discussions-là sans se voir slappés dans la face avec des propos problématiques entre chaque phrase. C'est par leur faute, on vient tous de la même société, mais c'est rough à encaisser par moments. Je sais que je suis pas la seule à écouter ce genre de segment un peu à travers ses doigts, les yeux plissés. Genre "erghhh ils parlent de ma vie, de mon worth, et j'suis contente qu'on en parle mais je sais que j'vais entendre des affaires heavy, j'espère qu'ils vont pas trop parler de moi comme si j'tais un cancer parce que allo, j'suis juste une personne avec un fat butt, c'pas si grave". Mais bon. Au moins on en discute, et ce segment-là est nettement supérieur à d'autres. Et il faut bien identifier les zones où a des préjugés si on veut les déconstruire. Faque VICTORY. Merci, Vanessa. <3

Pour la suite, hopefully, après avoir réussi à convaincre le monde que la grossophobie EXISTE, et que juger de la valeur d'une personne selon son coût sur la société est vraiment sick et cruel, on va finir par en arriver à dissocier poids et maladie. Être gros n'est pas une maladie ni un obstacle à la santé globale et ça, c'est prouvé. Faire la promotion de la santé publique ne devrait jamais signifier chier sur les individus en se basant sur l'apparence. La santé c'est un tout, le corps humain mérite le respect et l'"obésité" n'est pas une MALADIE. Se responsabiliser, oui. Faire une chasse aux sorcières, nope.

Mais bon. D'ici là, dans le doute, checkez votre grossophobie, cessez de commenter sur le poids des gens - pour le critiquer ou le praiser, parce qu'au final ça renforce la même idée que toute perte est bien et tout gain est mauvais, pis c'est un raccourci dangereux - pis oubliez surtout pas que votre corps est awesome et que c'est le seul que vous avez. Il mérite votre respect. Une fois de plus pour le monde dans le fond : gros et en santé ne sont PAS mutuellement exclusifs.

Les vrais obstacles à la santé? La discrimination, le jugement, le mauvais traitement par les médecins, la honte, le stress, les troubles alimentaires causés chez tout le monde par l'obsession de la minceur et ignorés - voire encouragés - lorsque ce sont des gros qui en souffrent, le manque d'éducation et de ressources alimentaires, les yo-yo dus aux régimes, la valeur morale qu'on projette sur les aliments et ceux qui les consomment, le healtism, le capacitisme, l'intimidation, l'isolement.

Sur ce, je m'en vais me faire à diner. La grosse va-t-elle se préparer salade et blanc de poulet ou beurre frit à la sauce au beurre dippé dans le caramel? MYSTÈRE. La seule chose que je peux vous dire, c'est que c'est pas de vos maudites affaires pis que vous me devez le respect dans les deux cas. Peace! xx

Écoutez le segment ici!