Pole dancing taille plus - Meet Roz the Diva

Pole dancing taille plus - Meet Roz the Diva

Cette semaine, une amie de Montréal faisait un appel à tous sur Facebook: ''Y a-t-il des ateliers de pole dance taille plus ici?'' Intriguée, je me suis jetée comme une déchaînée sur les commentaires pour vérifier si quelqu'un répondait par l'affirmative à sa question... nope. Rien à part d'autres filles qui auraient voulu tenter l'expérience et qui attendaient que quelqu'un trouve la perle rare (en vain).


J'ai donc fait une petite recherche de mon bord en ne trouvant pas grand-chose qui corresponde à cette description. Sans pour autant refuser les grosses, les ateliers de pole dancing offerts peuvent définitivement être intimidants pour les non-initiées qui rechercheraient un safe-space inclusif. Il ne semble pas non plus exister d'ateliers fat-friendly sul' side pour compléter une offre d'activités régulières.


Déception (et frustration).


Devant ce vide intersidéral, il ne restait qu'une seule chose à faire: découvrir qui ose briser les standards du pole dance à travers le monde. T'sais, c'est pas parce que le Québec traîne d'la patte qu'aucune pulpeuse demoiselle ne se shake le booty sur les scènes d'ailleurs.
Celle qui a retenu mon attention se nomme Roslyn Mays entre les quatre murs de sa maison et Roz the Diva devant son public. Rien de moins. Originaire de Long Island, la doctorante en science des minorités brise toutes les barrières. Après une chorégraphie, lors de son passage à America's Got Talent en 2015, elle s'est fait rabrouer par l'un des juges qui la considérait comme une joke. Quelle surprise (not). Moi, son kit scintillant pis son courage me font de l'oeil.
Imaginez-vous donc qu'aujourd'hui, elle fait partie des leaders de plus-size pole-dancing fitness. Habituée au fatshaming, elle a choisi d'enseigner la danse à des femmes comme elle pour leur donner la chance d'explorer cette avenue qui est, comme on a pu le constater, rarement offerte. Elle utilise également les réseaux sociaux pour dénoncer la grossophobie et le racisme: étant noire et ronde, Roz est attaquée sur tous les fronts, mais ne se démonte pas. C'est donc l'influence positive qu'elle peut avoir sur des femmes ayant besoin d'un p'tit kick pour oser croire en leur potentiel qui m'inspire.


Le plus intéressant, c'est que le pole dancing a changé la relation qu'elle avait avec son corps. Roz évoque les cours d'éducation physique de son enfance où courir vite n'était pas sa tasse de thé. Pourtant, la danse est la chose la plus physiquement exigeante qu'elle ait jamais faite. Elle se donne tout entière à son art et c'est ce qui la fait vibrer, ce qui lui permet de garder l'équilibre dans une société qui n'a toujours pas compris que sa stigmatisation est toxique. En plus, par le biais de ses ateliers, elle rencontre d'autres femmes avec lesquelles elle peut échanger, montant ainsi des bases solides où construire son estime d'elle-même.


Dans un sport aussi intense que le pole dancing, il ne s'agit plus seulement de se concentrer sur l'allure que l'on a, mais plutôt sur les progrès et les réussites que l'on empile au fil du temps. Se pratiquer en gang renforce l'importance que l'on accorde à nos victoires puisque l'on peut les partager avec les autres et s'encourager si nécessaire... d'où l'importance des safe-spaces inclusifs.


Si Roz the Diva réussit à afficher complet à toutes ses classes, c'est qu'il y a quelque chose qu'on n'a pas saisi, ici. C'est qu'il y a existence d'un besoin, c'est qu'on a envie de péter des murs, c'est qu'on veut des modèles qui nous ressemblent, c'est qu'on revendique notre place dans une forme d'art au cadre ben trop stiff. Parfois, quand on n'a jamais vu quelque chose, on assume qu'on en est incapable et c'est la raison pour laquelle il est grand temps de prouver le contraire.


Être embarrassée de m'faire aller l'body sul' stage? Pu jamais.

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