Personne "glorifie l'obésité". Tais-toi.

Personne "glorifie l'obésité". Tais-toi.

(Tel que promis, je vais essayer de vous fournir de temps à autre du contenu que j'aime traduit en français. Voici un extrait d'un des textes qui m'avait marqué le plus, dans le temps. Initialement publié chez Dances With Fat (URL ci-dessous). Cette fille est incroyable, elle fait des triathlons Ironman et dit toujours la bonne chose. Lisez-la si vous parlez anglais. En attendant, le texte ci-dessous frappe en plein dans le mille et vous pourrez l'utiliser pour fermer la yeule sans effort aux gens qui utilisent ce contre-argument niveau 1 du "tu encourages l'obésité" pour vous gosser. Bonne lecture!)

 

Just Hanging Out, Glorifying Obesity

On m'a souvent accusée de "glorifier l'obésité". Étrangement, je suis aussi petite et frisée, mais on ne m'a jamais accusée de glorifier la petite taille ou de glorifier le refus de s'aplatir les cheveux. C'est bien entendu parce qu'il s'agit ici de grossophobie. Qu'elle soit perpétuée par des gens dont le but est de créer une société grossophobe, ou par d'autres qui croient sincèrement que les gros ne devraient jamais être (ni voir d'autres gros être) autre chose que misérables et désespérément obsédés par l'idée d'être mince [sous peine de ne jamais devenir en santé] n'a aucune importance.

(...)

Parce que peu importe la raison, la seule conséquence d'une telle culture est que les gros n'ont pas la permission de faire quoi que ce soit d'autre que de tenter de maigrir, et ça, c'est inacceptable. Pas seulement parce que presque personne n'arrive à perdre du poids à long terme, mais parce qu'on ne devrait pas exiger des gens qu'ils aient l'air de quelque chose en particulier ou atteignent tel niveau de santé avant d'être libres de vivre leur vie et de réaliser leurs rêves.

Si vous voyez une grosse personne être heureuse, réaliser quelque chose, avoir du talent en public ou à la télévision et que vous ressentez de l'inconfort/de la colère/du dégoût etc., sachez que vous faites preuve d'intolérance face au poids (size bigotry). Si vous croyez que vos sentiments d'inconfort/colère/dégoût sont dus à l'état de santé de cette personne, vous démontrez du size bigotry ET faites de discrimination basée sur la santé (healthism).

La bonne nouvelle, c'est qu'il y a de l'espoir. 

La première étape consiste en réaliser que c'est vous, et non la grosse personne, qui êtes la source du problème. Résistez à l'impulsion d'accuser la grosse personne d'avoir fait quelque chose de mal, comme "glorifier l'obésité". Non seulement cela vous ferait-il paraître d'une imbécilité embarrassante, mais ça vous empêcherait aussi de surmonter vos préjugés. Souvenez-vous: la grosse personne ne fait qu'exister et vivre sa vie. En l'absence de votre ignorance, votre intolérance et/ou votre jugement, il n'y a là aucun réel problème. 

Vous pouvez choisir de changer - en commençant tout d'abord par réfléchir à l'origine de vos idées et de votre attitude face aux gros, puis en travaillant à prendre conscience de vos pensées à leur sujet dans le but de les interrompre et de les modifier. Vous pouvez choisir de ne plus participer à la stigmatisation, de ne plus perpétuer la haine, l'intimidation, le harcèlement et l'oppression des autres basée sur leur apparence physique et votre impression de leur état de santé. Vous pouvez cesser de radoter cet argument ridicule comme quoi "c'est mes taxes qui payent pour ça!" 

Mais que vous le fassiez ou non, sachez que votre opinion des gros n'a aucune valeur et que votre perpétuation de leur oppression - quelles que soient vos raisons - est honteuse. Le droit des gros à la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ne devrait jamais reposer sur l'opinion d'ignorants qui nous jugent laids, malsains et nous accusent de glorifier l'obésité. Ce que je fais, c'est aimer et apprécier le corps que j'ai, rejeter cette merde de culture des régimes et travailler à réaliser mes rêves dans ce fantastique gros corps qu'est le mien. Si c'est ça, pour vous, glorifier l'obésité, bien vous en fasse. Si vous me cherchez, je serai quelque part dans le coin, glorifiant joyeusement l'obésité.

Initialement publié en anglais ici, en septembre 2015, surl'excellent blogue Dances With Fat.