Feels dans le désordre + possibilité de collabo

Feels dans le désordre + possibilité de collabo

Ça fait un bout de temps que j'ai pas écrit. J'essaie de partager plein d'affaires sur la page Facebook, j'espère que ça vous convient en attendant. J'ai une tonne de sujets qui me flottent en tête, mais comme j'ai tendance à hurler quand je me suis finalement formé une opinion ferme sur un truc, j'aime mieux attendre d'être vraiment solide et capable de défendre mon point avant de venir vous gerber des affaires dessus en mode Dear Diary. Aussi parce que je sais que j'ai une certaine responsabilité de pas dire des conneries toxiques, pis j'espère que vous savez que c'est important pour moi.

So ces temps-ci, j'explore plus qu'autre chose, je lis autant que possible, je lurke dans plusieurs groupes Facebook de fat acceptance et de body pos, des plus matante aux plus radicaux, pis j'écoute les gens qui vivent dans un corps comme le mien parler. Je regarde la science rattraper leeeeentement le retard et commencer à changer d'approche pour explorer le sujet du gras en en parlant davantage comme un professionnel bien intentionné et moins comme un prof d'éduc macho des années 60. Les médias traditionnels changent aussi d'approche, tranquillement.

About fuckin' time.

J'écoute des podcasts. Je discute avec des amis gros depuis longtemps, gros depuis deux secondes, convaincus d'être gros même s'ils le sont pas, non-gros, en plein milieu ou en recovery de troubles alimentaires. Pis je prends des notes pour vous autres.

J'aimerais ça réussir à faire une synthèse pertinente de tout ce qui se brasse, pis il s'en brasse du shit, quand on porte attention. De tous bords tous côtés, tout le monde est fru, tout le monde snappe, tout le monde a une opinion plus ou moins informée et se la jette en pleine face comme des claques. C'est fucking intense. Mais j'y arrive pas vraiment.

La grossophobie est tellement présente que je développe des nouvelles angoisses quand vient le temps de sortir dans le monde. Plus on essaie de s'affranchir d'un truc, plus les gens qui sont « contre » nous crient après fort. Pis les gens qui refusent que les gros s'aiment as is, prennent soin de leur santé sans utiliser le poids comme unité de mesure ou outil de motivation, sont NOMBREUX et passionnés. Et j'ai beau essayer de comprendre c'est quoi leur osti de problème, et comment ils osent verbaliser leurs opinions de marde en public, j'y arrive pas. J'pas épaisse, pourtant, pis voir les deux côtés d'une médaille est vraiment quelque chose qui m'importe (à certaines exceptions près; « avocats du diable » professionnels qui viennent courageusement invalider un struggle qu'ils ne vivent pas, fuck you), mais y'a rien à faire. Je ne comprends pas. Et quand je comprends pas, j'ai du mal à en parler. Ça va venir, forcément, mais ces temps-ci j'absorbe un peu trop de chocs pour m'exprimer comme du monde.

Et puis bon - j'arrive au point, promis - quand j'ai commencé à m'intéresser au Fat Acceptance, tout semblait passer par le linge, le maquillage, les façons de se trouver cute « même si » j'étais grosse. Pendant des années, ça a suffi. Ok, y'en avait encore pas beaucoup, mais y'avait de plus en plus de linge nice qui me faisait, je faisais un effort pis je m'affranchissais en me rendant esthétiquement acceptable au monde extérieur. J'achètais mon humanité en me rendant fuckable. Pendant longtemps, c'était assez. Je me disais je suis grosse, mais je suis cute, so ça va. J'suis pas SI PIRE. AU MOINS j'pas une grosse dégueu qui s'en sacre. Au moins j'fais un effort. Je compense pour mon poids avec du lipstick à 50$ pis jamais un cheveu de travers.

Jusqu'au jour où je me suis vue aller. Où j'ai constaté c'était quoi le sous-texte (un indice: fatphobic as fuck) Où j'ai réalisé que je jouais la même game que tout le monde, que je corrélais ma valeur en tant qu'individu avec mon apparence physique, comme si se rendre acceptable pour les pénis était le prix qu'il fallait que je paye pour avoir le droit de m'aimer. Mettre en valeur mes courbes socialement acceptables selon les messieurs, aka tits and ass, camoufler mon ventre. Mettre des talons pour équilibrer le ratio. Contourer mes joues to no end. Surjouer la confiance et voir le trois quart des dudes de mon Facebook slider dans mes DMs avec leur confession tellement « choquante » comme quoi ils avaient toujours trouvé ça sexy des grosses. Trouver ça flatteur. Penser que j'avais catché. Que je faisais le mieux possible avec ce que j'avais.

Fast-forward quelques années, pis je suis là avec un beau blogue tout vide et une tonne de lectrices (et lecteurs), à fucking pas savoir de quoi vous parler parce que tout ce qui se fait en taille plus, à part chialer pis être militant pis défendre sans arrêt son droit d'être traité comme un être humain face à des imbéciles (ce qui devient lourd, mind you) c'est de parler de linge. Parce qu'on a ça pour s'aimer. On nous a enfin donné l'immense privilège de pouvoir consommer comme des bonnes petites personnes. Faut encore le faire en ligne ou dans le fin fond d'une boutique sur 500, mais pareil. On a des miettes. LUCKY US.

J'aime ça, le linge. C'est super cool qu'il y ait plus de linge pour nous autres. Parce que c'est vrai que c'est une bonne porte d'entrée dans le merveilleux monde de pas-s'haïr-la-face. Mais c'est juste le début, pis j'suis comme pu tellement là, mais vous les lisez tellement les posts de linge. J'veux pas vous décevoir. Pis la représentation c'est important, voir des gens qui nous ressemblent et les trouver beaux ça crée des connexions dans le cerveau, ça change la façon de voir le monde. C'est pertinent. Mais ces temps-ci j'suis trop fru. J'ai pas envie de parler de beauté. J'ai pas envie d'être belle. Je dois la beauté à personne. Pis j'arrive même pas à me prendre au sérieux quand je dis ça parce que j'ai un visage classiquement considéré beau, j'suis relativement jeune, blanche, able-bodied, so j'suis zéro subversive avec mon half-assed rejet du culte de la beauté. Pis je sais ça. So j'ose pas vraiment parler de ça non plus.

Bref, j'suis là. Dans un espèce de trou noir de convictions, à réfléchir à plein d'affaires, pas trop en mesure de preacher fuck all. Aussi je travaille pas mal, ce qui est merveilleux #viedepigiste. So je me contente de vous partager des liens et de traduire des petits bouttes sur mon téléphone quand j'ai le temps.

Alors voilà, si jamais certain.e.s d'entre vous aimeraient collaborer ici, écrivez-moi. Je dirai pas oui à tout, mais je veux pas que cette plateforme soit inutile et j'suis pas la mieux placée pour parler de tout, surtout pas en ce moment. J'aimerais ça faire circuler plus de contenu positif, republier davantage de contenu intéressant en français, sharer une instagrammeuse fat et magnifique que j'aime toutes les semaines, mais j'ai pas le temps. So voilà. Si ça te tente, écris-moi qq part.

Coeurs!