Huit occasions de STFU – Édition thin privilege

Huit occasions de STFU – Édition thin privilege

Parler de poids, comme de privilège, est toujours un peu challengeant. Quand ça nous touche de trop près, on a du mal à s'exprimer. Quand ça touche une autre personne, on est souvent trop occupé à être sur la défensive pour écouter. Et ça, c'est cave. En partant du principe que tout le monde est prêt à mettre son égo de côté pour devenir une meilleure personne (parce qu'après tout c'est ça le but, right?) voici une liste de quelques incidences où, fais-moi confiance, tu dois combattre l'envie de parler, te taire, et écouter POUR VRAI. L'idée n'est pas de JAMAIS ÉCHANGER, bien entendu, mais plutôt de ne pas ramener la discussion vers soi et, surtout, de cesser de l'interrompre pour éviter de vraiment entendre ce que les autres ont à dire parce que ça nous confronte. Être confronté, c'est sain et nécessaire. À noter que si je parle ici de discussions autour du poids et de l'acceptation des corps différents, elle s'applique à de nombreuses discussions autour de nombreux privilèges. C'est en grande partie ma checklist mentale lorsque je fais partie d'un échange au sujet d'un système d'oppression qui ne m'affecte pas. Je vous dirais que, quand je l'applique bien, je dis à peu près fuck all et c'est tant mieux comme ça. Plus souvent qu'autrement, là où j'allais intervenir je mets un emoji de cœur. Parce que non, quoique tente de nous faire croire l'internet, notre opinion a crissement pas toujours sa place. TK SER MON OPIGNONS,,,,,, Enjoy!

 

Tu te sens victimisé(e)

T'as envie de te défendre, de dire que Not all Men, Not all thin people, Not all peu importe? STFU. C'est littéralement jamais la bonne chose à dire. Tu vois, quand une personne qui ne jouit pas des mêmes privilèges que toi exprime son mécontentent, elle t'enlève rien. Elle essaie simplement de reprendre ce qui lui revient de droit. Tes sentiments ont rien à voir là-dedans. Demande-toi plutôt pourquoi son désir d'égalité te gosse autant et gère-toi de ton bord.

Tu t'apprêtes à dire « oui mais »

NOPE. Dans une discussion autour d'un sujet comme le poids, si tu n'est pas en surpoids, y'a pas de « oui mais ». Tu le sais pas. Tu le vis pas. Ton opinion, basée sur rien d'autre que des impressions, n'a tout simplement PAS la même valeur que le vécu des gens avec qui tu parles. Tais-toi et travaille plutôt ta compassion.

Tu t'apprêtes à dire que c'est pas si pire que ça

Fuck non. Comme en haut : tu le sais pas. Si t'es pas en surpoids, t'es pas à même d'affirmer que c'est pas si pire/pas si important/pas si grave. Ton opinion vaut rien. Tout ce qu'elle fait, c'est dévier la discussion vers tes impressions arbitraires d'une situation à laquelle t'es pas confronté et gaslighter ton interlocuteur. De grâce, fuck off.

Tu t'apprêtes à dire qu'il faudrait pas trop en demander

La prochaine chose qui veut sortir de ta bouche ressemble à « pousse mais pousse égal », aka la pire expression du monde? Voilà une excellente occasion de te la fermer. Déjà, c'est certainement pas à toi de décider à quel moment des personnes qui sont traitées comme des humains de second ordre doivent cesser de se battre pour être respectées. Le simple fait que tu te sentes en droit de décréter ça devrait suffire à te faire t'étouffer dans ton privilège. Ensuite, une fois de plus, tu n'es pas en position de le savoir. Si la grosse devant toi te dit que c'est si pire que ça, C'EST si pire que ça. Tu peux le nier si tu veux, mais ça change pas les faits. Alors tant qu'à pas changer les faits, sois donc moins désagréable et prends son expérience au sérieux au lieu de penser à ton nombril.

Tu t'apprêtes à ramener ça à toi et à ton expérience

Ça, on s'en sort pas. Filles et garçons non-gros, je vous aime beaucoup, mais NON nos expériences sont pas égales. Oui, tous les corps sont scrutés de façon maladive et commentés par tout le monde et ça doit cesser. Les troubles alimentaires affectent toutes les silhouettes et tout le monde mérite de s'aimer. Personne ne nie ça. Mais la phobie systémique de la minceur (comme le racisme anti-blanc ou le sexisme envers les hommes, lol) n'EXISTE PAS. La minceur est le standard dans notre société. Un signe de réussite, de discipline, de « santé ». Oui, tu peux te faire gosser et te sentir mal dans ta peau si t'es mince. Et c'est poche. Mais NON tu vas pas te voir refuser une job, être perçu comme moins intelligent et faire un salaire inférieur à celui de tes collègues, à performance égale, à cause de ton poids. That's just a fact. Avoir des complexes et être perçu et traité comme un être humain de moindre valeur = deux choses radicalement différentes. Ton « moi aussi des fois j'haïs ma cellulite »?  Il est légitime, mais il appartient à une AUTRE conversation et n'a pas sa place si t'essaie de le placer en opposition à l'expérience d'une personne fat comme si c'était deux struggles de la même importance. La discrimination basée sur le corps, c'est pas un concours. Pis anyway si tu le perds, sois-donc content! Le privilège c'est nice, à la base. Alors prends donc conscience du tien et, conséquemment, STFU.

Tu t'apprêtes à affirmer une affaire

N'importe quoi de grossier, de généralisateur et employé pour discréditer la personne qui parle se mange un beau, gros, juicy SHUT UP. Avant d'affirmer quoi que ce soit, genre que « le poids c'est mathématique » ou autre marde sursimplifiée ignorante qui suce, pose-toi la question : est-ce que je sais vraiment de quoi je parle où je fais juste radoter la crap entendue ailleurs comme un mononcle condescendant pour rabaisser la personne qui est devant moi? Parce que bien souvent, comme dans le cas qui nous intéresse où on affirme, au fond, que tous les gros sont simplement paresseux, gloutons et responsables de leur état, l'affirmation est 1. Discutable et 2. Pointless. Parce que même si la personne devant toi munch 60 morceaux de cake par jour, elle a quand même les mêmes droits en tant qu'individu et mérite d'être traitée avec respect. Invalider son expérience avec une affirmation douteuse? C'est non. Ta job, en tant qu'humain censé vouloir évoluer, c'est de prendre conscience de tes préjugés et de les combattre. Sinon, ils entravent ton jugement. Faque brise donc le cycle, arrête de répéter des conneries cliché qui servent juste à déshumaniser la personne qui parle et écoute-la, au lieu.

Tu t'apprêtes à chier sur les corps minces

« Anéwé les vra hommes aiment so la viande, les os c'est pour les chiens. » NOOOOOOPE. Déjà, « vrais hommes »? Ark. Ensuite, fuck off. Tu peux accepter et apprécier les corps plus ronds sans slammer les corps minces par la bande. L'idée, c'est de laisser les corps tranquilles. Tous les corps sont parfaits. Tais-toi.

Tu t'apprêtes à offrir un compliment comme si ta validation valait quoi que ce soit.

Tu files pour t'insérer dans une conversation au sujet du thin privilege pour dire que toi tu trouves ça ben que-cute des grosses miches? ABSOLUMENT PAS. Déjà, à part la personne qui partage sa vie et ses miches avec toi, personne care. Crois-le ou non, il existe tout un univers au-delà de ton pénis. Je sais que tout, depuis ta naissance, t'as porté à croire que le fait que tu veules mettre ta graine dedans est l'ultime sceau d'approbation pour toutes les femelles qui n'attendent que ta validation pour enfin se donner droit au bonheur, mais c'est pas le cas. Sorré. So règle générale, si tu viens juste pour dire à des grosses que tu zignerais volontiers dessus, laisse faire. There's a time and place pour ça, et une discussion sur le poids et le privilège n'est ni l'une, ni l'autre.

C'est tout, je pense. À ceux qui sont fru, de rien. On passe tous par là. C'est l'étape qui vient juste avant celle de devenir une personne un peu plus nice. <3